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La naissance de Vlisco

Le 15 août 1846, l’usine P.A. Sutorius & Co. est rebaptisée P.F. van Vlissingen & Co. (aujourd’hui Vlisco).

 

En 1844, Pieter Fentener van Vlissingen, souvent appelé Pieter II, reprend la manufacture d’impression sur coton de son père, à Helmond, aux Pays-Bas. Deux ans plus tard, il la rebaptise P.F. van Vlissingen & Co., aujourd’hui Vlisco.

À la tête de 50 employés, le jeune homme de 20 ans possède une machine d’impression à la planche toute neuve et de grands rêves. Il ambitionne de concurrencer les spécialistes internationaux de l’impression sur coton. À cette époque, les Britanniques (en particulier à Manchester) jouent un rôle prépondérant en Europe et l’Alsace, sur le continent européen. Au vu de l’économie florissante et de la forte demande d’indiennes, son rêve était assez réaliste.

Impression mécanisée du coton

 

La révolution industrielle a stimulé les innovations techniques dans l’industrie textile européenne. Le processus d’impression sur coton s’est mécanisé et les usines ont été équipées de machines telles que la perrotine (une presse à plaques d’impression successives inventée par Perrot en 1834). Mécanisant le procédé manuel d’impression à la planche traditionnel (qui demandait une main-d’œuvre importante), la perrotine a permis de multiplier la productivité par neuf.

 

Frederik « Frits » Hendrik Fentener van Vlissingen, l’oncle de Pieter, est au fait de ces évolutions dans lesquelles il voit des opportunités commerciales. Il possède une plantation de canne à sucre à Java, dans les Indes orientales néerlandaises (l’Indonésie actuelle). En 1852, Frits visite une petite usine située dans le sud de Java. Il y observe des hommes et des femmes tracer des lignes et des points sur du coton à l’aide de la technique de réserve à la cire connue sous le nom de batik. Impressionné par la qualité des produits, il envoie immédiatement des échantillons de ces tissus à Helmond.

Impression mécanisée du coton

 

La révolution industrielle a stimulé les innovations techniques dans l’industrie textile européenne. Le processus d’impression sur coton s’est mécanisé et les usines ont été équipées de machines telles que la perrotine (une presse à plaques d’impression successives inventée par Perrot en 1834). Mécanisant le procédé manuel d’impression à la planche traditionnel (qui demandait une main-d’œuvre importante), la perrotine a permis de multiplier la productivité par neuf.

 

Frederik « Frits » Hendrik Fentener van Vlissingen, l’oncle de Pieter, est au fait de ces évolutions dans lesquelles il voit des opportunités commerciales. Il possède une plantation de canne à sucre à Java, dans les Indes orientales néerlandaises (l’Indonésie actuelle). En 1852, Frits visite une petite usine située dans le sud de Java. Il y observe des hommes et des femmes tracer des lignes et des points sur du coton à l’aide de la technique de réserve à la cire connue sous le nom de batik. Impressionné par la qualité des produits, il envoie immédiatement des échantillons de ces tissus à Helmond.

Couleurs codées

 

Les batiks tulis étaient intégralement dessinés à la main selon un procédé trouvant son origine en Inde. Un artisan pouvait travailler des semaines, des mois, voire une année entière pour créer un seul sarong avec son canting (outil d’application de la cire). Frits demande à son neveu si l’usine d’Helmond serait en mesure d’imprimer des imitations de batik pour un coût inférieur. Si oui, l’entreprise s’ouvrirait un gigantesque marché, car la demande de sarongs, slendangs (écharpes) et voiles est très forte. Il explique également à Pieter que l’utilisation des coloris et motifs est codifiée. Certaines teintes signalent que le porteur du tissu est noble, les couleurs claires symbolisent la mort ou le deuil et certains des motifs parang sont réservés aux membres de la royauté.

La Javanaise

 

La famille Fentener van Vlissingen n’est pas la seule à s’intéresser aux imitations de batik, bien au contraire. Des méthodes d’industrialisation de la production avaient été développées en Angleterre, en Suisse et en Belgique bien avant que Frits n’envoie ses premiers échantillons de batik à Helmond. Le Belge Jean Baptiste Theodore Prévinaire (travaillant pour la Haarlemse Katoenmaatschappij, HKM) consacre des années à la création de teintures dans son laboratoire et conçoit une presse qu’il baptise « La Javanaise ». La machine est brevetée en 1854 et la technique gardée secrète jusqu’en 1910. La HKM devient ainsi le premier producteur de textile des Pays-Bas, imprimant les meilleures imitations de batik.

Une lettre de Helmond

 

Dès la réception des échantillons en provenance de Java, les artisans d’Helmond s’attachent à réaliser des copies fidèles des étoffes. La tâche la plus difficile incombe au coloriste qui n’utilise que des teintures naturelles telles que l’indigo et l’alizarine (aussi appelée garance) pour obtenir une teinte parfaite. De longues semaines après l’expédition des premiers produits vers Java, une lettre arrive à Helmond le 17 novembre 1852. Frits y explique que le premier lot a reçu un accueil très favorable. On raconte que la version brune présentait même mieux que les vrais batiks. La correspondance entre Pieter et Frits montre clairement que les imitations de batik d’Helmond furent un succès et que Pieter s’autorisa à utiliser d’autres teintes et à tester de nouveaux motifs. La Batik-Associatie privée est créée pour gérer l’activité, Frits en étant la cheville ouvrière. L’entreprise détermine quels sont les batiks à copier à Helmond et à expédier vers Java, une tâche confiée à l’autre oncle de Pieter, Paul Fentener van Vlissingen.

L’usine

 

Les tissus imprimés à Helmond gagnent en popularité et se forgent une bonne réputation, devenant les principaux concurrents de la HKM. Les produits de P.F. van Vlissingen & Co. sont copiés. En 1857, un chargement de 32 caisses remplies de tissus portant le nom de l’usine d’Helmond est découvert à Java. Dans les années 1860, les ventes d’imitations de batik grimpent en flèche et P.F. van Vlissingen & Co. est directement concernée par ce bouleversement économique et les innovations techniques rapides. Obsédé par les évolutions du secteur, Pieter fait l’acquisition d’une presse à rouleaux Mather & Platt flambant neuve à Manchester. Il exige également qu’Helmond soit reliée à la ligne Vlissingen-Venlo, car il avait saisi que le transport ferroviaire était l’avenir. Avec son beau-frère (l’époux de sa sœur), Frederik Jacob Matthijsen, qui rejoint la Société en 1852, il agrandit l’usine. Chaque année, de nouveaux bâtiments sont érigés sur le site implanté entre le canal de Mey de la vieille ville et la rivière Aa. En 1864, l’usine emploie plus de 250 personnes.

Diminution du commerce

 

Les Indes orientales néerlandaises représentent un marché important pour la plupart des fabricants de textile hollandais. Lorsque l’activité ralentit vers 1870, de nombreuses entreprises se retrouvent ainsi en difficulté. Plusieurs théories expliquent cette baisse des ventes. On avance souvent qu’elle est due à l’industrie locale du batik qui s’est mise à utiliser davantage le tjap, un tampon de cuivre servant à imprimer des motifs sur le tissu. Le tjap étant plus rapide et moins cher que l’impression à la cire avec un canting, les fabricants javanais purent concurrencer les imitations néerlandaises de batik.

 

Pour beaucoup, cette évolution a coïncidé avec l’abolition, en 1872, du système de droits de douane différenciés, un dispositif qui permettait aux produits néerlandais d’être exonérés des droits à l’importation. Enfin, il ne faut pas oublier la grande dépression qui débuta en 1873, une récession mondiale découlant de la croissance économique rapide engendrée par la deuxième révolution industrielle. Nous ne savons pas laquelle de ces causes fut la plus sérieuse (il s’agissait vraisemblablement d’une conjonction de facteurs), mais nous savons que P.F. van Vlissingen & Co. est en difficulté dans les années 1870.

Diminution du commerce

 

Les Indes orientales néerlandaises représentent un marché important pour la plupart des fabricants de textile hollandais. Lorsque l’activité ralentit vers 1870, de nombreuses entreprises se retrouvent ainsi en difficulté. Plusieurs théories expliquent cette baisse des ventes. On avance souvent qu’elle est due à l’industrie locale du batik qui s’est mise à utiliser davantage le tjap, un tampon de cuivre servant à imprimer des motifs sur le tissu. Le tjap étant plus rapide et moins cher que l’impression à la cire avec un canting, les fabricants javanais purent concurrencer les imitations néerlandaises de batik.

 

Pour beaucoup, cette évolution a coïncidé avec l’abolition, en 1872, du système de droits de douane différenciés, un dispositif qui permettait aux produits néerlandais d’être exonérés des droits à l’importation. Enfin, il ne faut pas oublier la grande dépression qui débuta en 1873, une récession mondiale découlant de la croissance économique rapide engendrée par la deuxième révolution industrielle. Nous ne savons pas laquelle de ces causes fut la plus sérieuse (il s’agissait vraisemblablement d’une conjonction de facteurs), mais nous savons que P.F. van Vlissingen & Co. est en difficulté dans les années 1870.

Décédé en 1868, Pieter Fentener van Vlissingen n’est pas témoin de ces années difficiles. Frederik Matthijsen prend sa suite avec le Suisse Conrad Hermann Deutsch. Conrad Deutsch travaille pour l’entreprise durant 5 ans, pendant que le jeune Pieter Fentener van Vlissingen (Pieter III) et son neveu Jan Matthijsen étudient à l’École polytechnique de Zürich (dans laquelle Albert Einstein entrera à 16 ans en 1895).

Un pari

 

Pieter et Jan sont à la tête de l’entreprise en 1875, année où le pessimisme quant à l’avenir gagne du terrain. Jeunes et ambitieux, ils tentent un pari un peu fou. Des sommes faramineuses sont investies pour doubler la production et réduire les coûts de production. Leur audace est payante. En 1880, P.F. van Vlissingen & Co. s’est redressée. Trois ans plus tard, un gigantesque incendie détruit la totalité de l’usine. Les incendies étaient fréquents dans le secteur du textile. Celui-ci permet à P.F. van Vlissingen & Co. de construire une usine plus grande, plus moderne et plus performante, la 5e d’Europe à installer un extincteur automatique. La nouvelle usine est opérationnelle lorsqu’une période de croissance économique ininterrompue s’ouvre et les cotons produits à Helmond sont progressivement exportés vers d’autres pays tels que le Japon et la Suède. En 1880, le premier chargement fait voile vers l’Afrique, un évènement qui marque le début d’une nouvelle ère.

Sources:

 

  • Imagerie textile: Échantillons de tissu envoyés à Helmond par Hendrik Fentener van Vlissingen à partir de 1852;
  • Image d’usine: Centre historique régional d’Eindhoven et Fondation Pieter Fentener van Vlissingen, Helmond;
  • Van Vlissingen & Co’s gedenkboek 1846-1946. Honderd jaren Van Vlissingen & Co, over de kunst van het drukken (1946);
  • A. Bolliger, Ein Beitrag zur Entwicklung des europäischen Textildrucks, eine historische-systematische Untersuchung (1950);
  • I. Keller, Batik Art & Craft (1966);
    G.P.J. Verbong, Technische innovaties in de katoendrukkerij en –ververij in Nederland 1835-1920 (1988);
  • D. van Reyenbrouck, Congo. Een Geschiedenis (2010);
  • H.J. Hesselink, Strategische besluitvorming in een neergaande bedrijfstak. Onderzoek naar de strategische maatregelen in de KRL textiel-industrie in de periode 1950-2000 (2010);
  • J. Arts, Vlisco (2012);
  • N. Sylvanus, Patterns in Circulation: Cloth, Gender and Materiality in West-Africa (2016);

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